Se sentir en forme ne signifie pas être en bonne santé. C'est le paradoxe de la prévention : les affections qui pèsent le plus lourd sur l'espérance de vie en bonne santé sont aussi celles qui évoluent le plus discrètement. L'hypertension artérielle ne provoque aucun symptôme pendant des années. Le diabète de type 2 est souvent découvert plusieurs années après son apparition réelle. Un cancer du côlon dépisté à un stade précoce se guérit dans la grande majorité des cas ; découvert tardivement, le pronostic est tout autre.

La bonne nouvelle, c'est que la plupart de ces situations se détectent avec des examens simples, peu nombreux, et pour beaucoup pris en charge à 100 %. Encore faut-il savoir lesquels, et à quel moment. Voici un repère clair, âge par âge.

À quoi sert réellement un bilan de santé ?

Un bilan de santé n'est pas une batterie d'examens systématiques passée à tout le monde. C'est un temps d'échange avec un professionnel de santé, au cours duquel on fait le point sur trois choses : votre situation personnelle, vos antécédents familiaux, et vos habitudes de vie. De cette évaluation découlent les examens réellement utiles pour vous.

Le socle commun est court : mesure de la tension artérielle, du poids et du tour de taille, mise à jour du calendrier vaccinal, et discussion sur l'activité physique, le sommeil, l'alimentation, le tabac et l'alcool. Le reste se module selon l'âge et le profil. Multiplier les analyses sans indication n'améliore pas la santé et génère surtout de l'inquiétude inutile.

Mon Bilan Prévention : un rendez-vous gratuit à quatre âges clés

Depuis 2024, l'Assurance Maladie propose un rendez-vous de prévention dédié, entièrement pris en charge et sans avance de frais, à quatre périodes de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans.

Ce rendez-vous, d'une durée de trente à quarante-cinq minutes, peut être réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme. Il ne s'agit pas d'une consultation pour un problème précis, mais d'un temps entièrement consacré à faire le point et à repartir avec un plan personnalisé de prévention. Si vous entrez dans l'une de ces tranches d'âge, c'est le point de départ le plus simple.

Avant 30 ans : poser les bases

C'est l'âge où l'on consulte le moins, et où la prévention est pourtant la plus rentable à long terme. Quelques points méritent une vérification.

  • Le calendrier vaccinal : rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite à 25 ans, vérification de la couverture rougeole-oreillons-rubéole, vaccination contre le papillomavirus (recommandée pour les filles et les garçons, avec rattrapage possible jusqu'à 19 ans, et jusqu'à 26 ans pour certains publics), méningocoque.
  • La santé sexuelle : dépistage des infections sexuellement transmissibles lors d'un changement de partenaire, dépistage du VIH au moins une fois dans sa vie, accompagnement contraceptif. Le dépistage du VIH est accessible sans ordonnance et sans avance de frais en laboratoire.
  • Le dépistage du cancer du col de l'utérus, qui débute à 25 ans par un examen cytologique.
  • La santé mentale, le sommeil et les consommations : c'est la période d'installation des habitudes, et le moment où un accompagnement précoce a le plus d'effet.

De 30 à 50 ans : surveiller ce qui ne se voit pas

C'est la décennie où les facteurs de risque cardiovasculaire s'installent silencieusement. Les points à contrôler régulièrement :

  • La tension artérielle, au minimum une fois par an. C'est l'examen le plus simple et l'un des plus utiles qui existent.
  • Le bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides) et la glycémie à jeun, dont la fréquence dépend des antécédents familiaux, du poids et des autres facteurs de risque.
  • Le poids et le tour de taille, indicateurs plus parlants que l'IMC seul pour le risque métabolique.
  • Le dépistage du cancer du col de l'utérus : à partir de 30 ans, il repose sur un test HPV, à renouveler tous les cinq ans en cas de résultat négatif.
  • La santé au travail : troubles musculo-squelettiques, exposition au bruit, charge mentale. Des sujets rarement abordés spontanément en consultation, et qu'il vaut la peine d'évoquer.

De 50 à 74 ans : les trois dépistages organisés

La France a mis en place trois programmes nationaux de dépistage, gratuits et fondés sur des données solides. Y participer est l'un des gestes de prévention les plus efficaces à cet âge.

  • Cancer du sein : une mammographie tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans, prise en charge à 100 % sans avance de frais, avec une double lecture systématique des clichés.
  • Cancer colorectal : un test immunologique à faire chez soi, tous les deux ans, de 50 à 74 ans. Ce cancer met en moyenne plusieurs années à se développer à partir d'un polype : détecté tôt, il se guérit dans neuf cas sur dix.
  • Cancer du col de l'utérus : le test HPV se poursuit jusqu'à 65 ans, tous les cinq ans.

À ces dépistages s'ajoutent une évaluation régulière du risque cardiovasculaire global, un contrôle de la vue avec mesure de la pression intraoculaire pour le dépistage du glaucome, et une attention portée à l'audition, dont la baisse progressive passe souvent inaperçue.

Après 65 ans : préserver l'autonomie

L'objectif change de nature : il s'agit moins de dépister que de maintenir les capacités fonctionnelles.

  • La vaccination antigrippale, recommandée chaque automne à partir de 65 ans, ainsi que les rappels contre le Covid-19 selon les recommandations en vigueur. D'autres vaccinations, contre le pneumocoque ou le zona notamment, peuvent être indiquées selon votre situation : à évoquer avec votre médecin.
  • La prévention des chutes, première cause d'accident de la vie courante après 65 ans : évaluation de l'équilibre, revue des traitements pouvant provoquer des vertiges, aménagement du domicile.
  • La vue et l'audition, dont la dégradation favorise l'isolement social et accélère le déclin cognitif.
  • L'état nutritionnel : une perte de poids involontaire, même modeste, est un signal d'alerte à ne pas banaliser.
  • La mémoire et le moral : une plainte cognitive ou un repli progressif méritent une évaluation, sans attendre.

Les examens ne remplacent pas les habitudes

Aucun bilan ne compense un mode de vie défavorable. Les repères actuels sont simples : au moins cent cinquante minutes d'activité physique d'intensité modérée par semaine, ou soixante-quinze minutes d'intensité soutenue, associées à deux séances de renforcement musculaire. Marcher trente minutes par jour couvre déjà l'essentiel.

Sur l'alcool, les repères de Santé publique France retiennent un maximum de dix verres standard par semaine, sans dépasser deux verres par jour, avec des jours sans consommation. Sur le tabac, l'arrêt reste le geste de prévention le plus efficace connu, à tout âge : le bénéfice cardiovasculaire est mesurable dès les premiers mois.

Faire son bilan à Marseille

Nos deux centres de santé du 1er arrondissement réunissent médecins généralistes, infirmiers, médecins spécialistes et imagerie médicale sur un même lieu. Cette organisation permet de réaliser la consultation, les examens complémentaires et le suivi sans multiplier les déplacements ni les délais.

Toutes les consultations sont pratiquées sans dépassement d'honoraires, avec tiers payant intégral : vous n'avancez aucun frais.

Cara Santé Belsunce — 32 cours Belsunce, 13001 Marseille — 04 91 91 91 15

Cara Santé Canebière — 54 La Canebière, 13001 Marseille — 09 88 77 77 77

Prise de rendez-vous en ligne sur Doctolib : doctolib.fr/centre-de-sante/marseille/cara-sante-canebiere-belsunce

Si vous ne savez pas par où commencer, commencez par le plus simple : une consultation, une tension, et une discussion honnête sur vos habitudes. Le reste en découlera.